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Le marché du travail en France traverse actuellement une phase de ralentissement modéré après plusieurs années de forte reprise économique post-Covid. Si l’emploi reste globalement dynamique, l’intérim souvent considéré comme un indicateur avancé de l’activité économique montre des signes de stabilisation après une période de recul.
Un marché de l’intérim en baisse mais en phase de stabilisation
Selon les données du ministère du Travail (DARES), l’emploi intérimaire a légèrement reculé en 2025. Au troisième trimestre 2025, il diminue de 0,6 % par rapport au trimestre précédent, soit environ 4 300 intérimaires en moins. Sur un an, la baisse atteint 2,9 %.
Fin septembre 2025, environ 708 900 personnes occupaient un emploi intérimaire en France, incluant les titulaires d’un CDI intérimaire. Cela représente une baisse de 2,6 % sur un an, soit près de 18 600 postes en moins.
Les données de Prism’emploi confirment cette tendance : en novembre 2025, le travail temporaire représentait 717 465 équivalents temps plein (ETP), soit une baisse limitée de 1,7 % sur un an, la diminution la plus faible enregistrée de l’année. Cela suggère une stabilisation progressive du marché de l’intérim.
Dans l’ensemble, l’année 2025 se caractérise donc par une baisse modérée mais continue, nettement moins brutale que celle observée au début de l’année.
L’intérim reste un pilier important du marché du travail
Malgré ces fluctuations conjoncturelles, l’intérim demeure un secteur majeur de l’économie française. Le marché du travail temporaire représente près de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France et joue un rôle central dans la gestion de la flexibilité des entreprises.
Les agences d’emploi ne se limitent plus à la mise à disposition de personnel : elles interviennent désormais dans plusieurs domaines des ressources humaines :
- recrutement et sélection des candidats
- formation et montée en compétences
- accompagnement vers l’emploi durable
- gestion administrative et paie.
L’intérim constitue aussi une porte d’entrée vers l’emploi durable pour de nombreux candidats, notamment les jeunes, les personnes en reconversion ou les demandeurs d’emploi de longue durée.
Des évolutions sectorielles contrastées
Tous les secteurs ne connaissent pas la même évolution. Les données de la DARES montrent notamment :
- une baisse dans le tertiaire (-4,5 % sur un an)
- un recul dans la construction (-2,9 %)
- une hausse dans l’industrie (+1,9 %). Chiffres DARES.
Ces différences reflètent la situation économique de chaque secteur. L’industrie, par exemple, continue de recourir à l’intérim pour répondre à des besoins ponctuels de production ou à des tensions sur certaines compétences techniques.
Dans plusieurs régions, l’évolution est également contrastée. L’intérim progresse par exemple dans les Hauts-de-France ou en Auvergne-Rhône-Alpes, tandis qu’il recule davantage en Île-de-France ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Un chômage encore présent mais relativement stable
Parallèlement, le taux de chômage en France reste relativement stable autour de 7,8 % en 2025, selon les données d’Eurostat.
Dans le même temps, la DARES indique qu’au 4ᵉ trimestre 2025, environ 5,75 millions de personnes étaient inscrites à France Travail dans les catégories A, B et C, soit une légère hausse de 1 % par rapport au trimestre précédent.
Ces chiffres illustrent une situation paradoxale :
- certaines entreprises continuent de rencontrer des difficultés de recrutement,
- tandis que de nombreux candidats cherchent encore un emploi.
L’essor du CDI intérimaire
Une évolution importante du secteur concerne le développement du CDI intérimaire, un contrat hybride qui combine sécurité pour le salarié et flexibilité pour l’entreprise.
En septembre 2025, on comptait environ 41 887 équivalents temps plein en CDI intérimaire, soit près de 5,8 % des effectifs du travail temporaire.
Ce type de contrat permet aux intérimaires d’enchaîner différentes missions tout en bénéficiant d’un contrat stable avec leur agence d’emploi.
Quels perspectives pour 2026 ?
Les indicateurs économiques laissent penser que le marché du travail temporaire pourrait se stabiliser progressivement après la baisse observée depuis 2023.
L’intérim reste en effet étroitement lié à l’activité économique : les entreprises ont tendance à ajuster leurs effectifs intérimaires avant de modifier leurs recrutements permanents.
Ainsi, lorsque l’activité repart, l’intérim est souvent le premier secteur à redémarrer.
En bref
- L’intérim en France représente plus de 700 000 travailleurs selon les périodes.
- L’activité a reculé d’environ 2 à 3 % sur un an en 2025.
- Les secteurs industriels résistent mieux que le tertiaire ou la construction.
- Le CDI intérimaire se développe progressivement.
- Le marché semble aujourd’hui se stabiliser après plusieurs années de fluctuations.


